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Inventaire du 21e siècle - page 93 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).93

s'est affirmée derechef en 1987, quand l'effondrement des bourses new-yorkaises conduisit la banque centrale américaine à inonder les banques de crédits pour renflouer Wall Street - et au diable les taux de change! Mais, à l'inverse, l'autorité monétaire internationale des États-Unis semble battue en brèche, de ci de là: par un Japon qui joue de ses réserves en $, par une Chine dont le yuan suit l'exemple du yen, par un euro qui a bétonné un accord de changes fixes entre onze monnaies européennes, etc.

Si bien qu'au total, il faut s'interroger sur les crises bancaires et boursières du 21e siècle en prêtant attention à ce que les États directement concernés pourraient faire, tout en observant les ébranlements ou les consolidations du primat étatsunien ainsi affecté - y compris du fait des institutions internationales (existantes, à réformer ou à créer). En effet, l'usure de la prépondérance américaine a toutes chances d'être l'un des événements majeurs du second 21e siècle.

L'endettement au grand large

L'appareil bancaire et boursier du présent système mondial a pour secteur faible le grand large où l'innovation s'ébroue loin des réglementations et des contrôles prudentiels. Les grandes banques qui inspirent les "agences de notation" évaluant les risques pays extrapolent des méthodes élaborées pour leurs marchés intérieurs respectifs (CF, p.133). Le retard avec lequel la BRI et ses trois acolytes assemblent leurs statistiques sur l'endettement transfrontières n'est pas compatible avec les besoins les plus pressants de ces banques, mais le goût de celles-ci pour le "secret des affaires" ne les rend pas plus coopératives pour accélérer la collecte de données pertinentes. Bien au contraire leurs filiales off shore épaississent les brouillards du grand large. Les supervisions et les contrôles qui devraient dissiper ces brouillards ne peuvent prendre force, faute d'une banque centrale implantée localement et adossée à un État souverain et substantiel. Il faut donc considérer l'endettement international comme une mer des Sargasses où la navigation est toujours dangereuse.

Qui voudrait démentir ce jugement pourrait faire provision d'arguments dans les pages que les rapports publiés en 2005 par le FMI consacrent à la dette extérieure des pays en voie de développement 79 mais, à bien y regarder, il trouverait aussi, dans ces mêmes textes, deux profondes raisons d'inquiétude: le rythme accéléré des crises financières, depuis la "rechute" du Mexique en 1994; et surtout la transformation progressive de la dette en cours pour l'ensemble des pays dits "en voie de développement".

En effet, depuis une dizaine d'années, leur dette "officielle" - celle que les États contractent ou garantissent - plafonne autour de 700 milliards de $, alors que leur dette bancaro-boursière a grimpé de plus de 1500 milliards de $ entre 1994

79 Voir notamment Complex challenges in developing country debt, p 69 et Global Development Finance 2005, p. 74.

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