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Inventaire du 21e siècle - page 96 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).96

coter et en "épargnants" avides de souscriptions ou de spéculations fassent, les uns ou les autres et parfois tous ensemble, l'objet de procès majeurs débordant des simples litiges commerciaux, vers des enjeux souvent si importants que les autorités réglementaires et législatives ont dû intervenir, pour opérer des réformes profondes. Restaurer la confiance des "épargnants" a été l'objectif de ces spasmes fréquents, provoqués par un retard de la réglementation sur l'innovation et toujours nourris par le relâchement des vigilances déjà établies.

New-York n'a aucun monopole à cet égard. La jeune bourse de Shenzen et sa très jeune cousine de Shanghaï ont déjà fait leurs preuves en la matière, et - sauf erreur de ma part - il n'est aucune bourse d'aucun pays, ni d'aucun domaine particulier (pétrole, titres ou côtes de porc), ni non plus d'aucun siècle qui ait échappé à ce péril incessamment renouvelé. Ceci ne veut pas dire que toutes les bourses sont en permanence des repères de brigands, mais signifie que, par nature, les bourses offrent l'occasion de corser les spéculations qui sont leur ordinaire par diverses ruses et fraudes, dont la nature et la fréquence varient à mesure que les conjonctures changent et que les réglementations sont modifiées. Pour ce qui concerne les bourses d'aujourd'hui, plusieurs des développements précédents ont concrétisé cette proposition générale, qu'il s'agisse de l'affaire Enron ou des réformes amorcées par Donaldson. La question est, en permanence, de rechercher quelles réformes majeures seraient souhaitables pour améliorer profondément la qualité et l'efficacité des pompes aspirantes et foulantes d"épargne" que sont les bourses, sans caresser l'illusion qu'une belle et bonne réforme générale pourrait blinder durablement leur vertu.

Lorsqu'il existe, comme aujourd'hui, des institutions qui sont de nature à gangrener les contrôles et supervisions et à stimuler l'invention de fraudes nouvelles, ce qui est notamment le cas des hedge funds et des établissements financiers off shore, la sagesse politique serait de supprimer ou d'asphyxier ces excroissances nées avec la mode privilégiant la déréglementation. A ces fins, les banques pourraient être légalement contraintes d'assortir leurs crédits - sans lesquels les hedge funds ne peuvent exercer les "effets de levier" qui font leur fortune (et leur semis de risques systémiques à la LTCM) - de coefficients de couverture des risques et d'obligations de produire des garanties collatérales restreignant considérablement leur marge de manœuvre. Dans le même esprit, toutes les opérations à destination ou en provenance des banques off shore pourraient être soumises à de très lourdes taxations, sauf le cas où elles seraient assorties d'un aval général, délivré par une banque nationale ou étrangère agréée, ledit aval garantissant la légalité et la transparence des opérations visées au regard des éventuelles poursuites judiciaires, fiscales et autres dont elles pourraient faire l'objet. De telles mesures seraient inapplicables par un pays isolé, mais sans attendre qu'elles recueillent l'accord consensuel du Comité de Bâle (de la BRI), elles pourraient être décidées par des pays ou groupes de pays d'un poids suffisant pour les appliquer et pour répliquer aux rétorsions que d'autres pays hostiles à de

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