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Inventaire du 21e siècle - page 99 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).99

(bancaires et boursières) opérées sur son territoire, non qu'il ait à se substituer aux propriétaires des compagnies (bancaires et boursières) qui ont à diriger celles-ci (sauf le cas où les commerces de banque ou de bourse sont pratiqués par des entreprises publiques), mais bien parce que l'État et sa banque centrale (ou la banque centrale formellement indépendante) ont à exercer des responsabilités décisives pour la qualité de la monnaie locale et pour la résilience de l'appareil bancaire actif sur le territoire de cet État. A contrario, les États - et les "territoires" sans État propre qui sont défaillants, par absence de banque centrale qualifiée, par déficit de l'appareil d'État ou par vulnérabilité manifeste de leur pouvoir d'État devraient être cernés par deux types de mesures. D'une part, les quatre institutions 87 internationales - qui coopèrent présentement pour dresser statistique des opérations financières internationales - devraient tenir à jour et diffuser la liste des États et territoires souffrant de ce vide de supervision et contrôle prudentiels. D'autre part, toutes les banques venues d'ailleurs opérant dans ce no man's land prudentiel devraient être tenues de pallier ce déficit par un surcroît de déclarations adressées aux quatre institutions susdites, ceci afin que les "communautés" bancaires du monde entier soient privées de l'ignorance confortable où elles se tiennent en la matière.

Qui lirait les propositions précédentes comme une attaque en règle contre la banque (et la bourse) ne comprendrait rien à mon propos. Je tiens l'activité bancaire et boursière comme un progrès majeurs des sociétés modernes. Ce progrès doit être affiné sans cesse, par des innovations bancaires et boursières dont le tri expérimental doit être effectué non seulement par crises et par scandales relevant des autorités judiciaires, mais aussi par contrôles et par supervisions dont les autorités politiques ont à tirer les leçons. Qui plus est, la concertation et la coopération des banques centrales méritent d'être renforcée. La BRI qui est l'hôte de divers Clubs et Forums où une telle coopération se tricote, puis se traduit en normes consensuellement approuvées par les banquiers centraux gagnerait à être dotée de capacités plus fermes et d'une certaine autorité internationale supra-étatique, tant il est vrai que les risques principaux auxquels est exposée la résilience bancaire sont d'ordre systémique. Cela signifie que les périls principaux ne gisent plus dans l'activité propre des banques et groupes bancaires, même s'ils deviennent des mastodontes, mais que ces périls naissent et mûrissent dans l'interbancaire, c'est-à-dire dans ce fouillis d'opérations que les banques tissent entre elles, sans que chacune d'elles puisse prendre une vue complète des risques directs, indirects et induits auxquels elle s'expose. Ce fouillis est le fait de fonds spéculatifs (hedge funds), et, plus encore de produits dérivés, ainsi que d'innovations non encore "baptisées", comme il en naît chaque année. La BRI est l'observatoire d'où l'on entrevoit ces risques et elle travaille à les analyser et à les border de normes prudentielles (mais de normes qui sont aussi, imprudemment, consensuelles plutôt qu'obligatoires et pourvues de contrôles propres). Depuis des années, elle s'inquiète de l'enflure des produits dérivés, des risques surmultipliés par les hedge funds et même - quoique de façon plus discrète - des "places off

87 Pour mémoire: la BRI, le FMI, la Banque Mondiale et l'OCDE.

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